Tour du Ruan : 2-8 septembre 2026 – Jours 5 à 7
Sep 18, 2026 // By:Monique // No Comment
Jour 5 : Cabane de Susanfe (2100m) – Cantine de Barmaz (1490m)
C’est l’étape la plus courte de notre circuit.
8h30 Adieux émus à la gardienne du vieux refuge CAS de Susanfe (2100m) datant de 1932, qui ferme pour deux ans de travaux de rénovation et qui nous a servi un si bon café à l’italienne. Il faut d’abord traverser une mouvance laineuse et affronter son patou de protection, qu’un petit déjeuner à base de randonneurs ne tente heureusement pas.
Longue descente par les chaînes du pas d’Ancel (1815m), en nous arrêtant longuement pour observer les virevoltes de deux chamois accrochés à une falaise vertigineuse et laisser passer deux VTTistes suant à grosses gouttes pour gravir péniblement cette étroite gorge rocheuse, leurs engins à bout de bras.
Petite pause à la buvette de Bonavau, avant la remontée au Signal du même nom pour le pique-nique.
14h30 Arrivée à la Cantine de Barmaz (1490m), quelques naïades vont batifoler dans le torrent, tandis que le sympathique patron vosgien du lieu, Olivier, sert au reste de la troupe les traditionnelles chopes de fin d’étape.

On profite au maximum de cette belle journée après cette « petite » étape de 8 km, 260 m D+ et 860m D-en nous prélassant sur la terrasse avant d’écluser un fendant local. Nathalie
Jour 6 : Cantine de Barmaz (1490m) – Refuge du Folly (1555m) : 11 km 1100 m D + et 1000m D-
Au matin de ce sixième jour, nous avons dans l’ensemble mieux dormi que la veille, confort supérieur oblige.
Une ourse est à la recherche de sa nuisette disparue, vite requalifiée par les convives de »nuidisette », sûrement parce qu’elle ne l’a plus…
7h58, le départ par vent nul et 15° au thermomètre. Nous dépassons les derniers chalets fleuris aux allures de carte postale, puis la large piste nous sert d’échauffement. Bientôt nous sommes face à l’imposante muraille qu’il nous faudra franchir , on se demande bien par où tellement ça nous paraît raide et sans le moindre sentier visible. La perspective de l’équipement avec chaînes nous libère néanmoins de cette appréhension…
La première arrive vite, passage bien vertical d’abord, puis des vires plus horizontales avec par moment des crevasses inclinées étroites qui évoquent la spéléo. C’était le délicat pas de la Bide, ancien passage secret de contrebandiers (Infos disponibles sur Internet)
Petite pause ensuite sur un replat, agrémentée par la vue sur de nombreux chamois pente opposée. Un peu plus haut le col de Bossetan marque la frontière franco-suisse et nous immortalisons le moment par un cliché un pied dedans un pied dehors et réciproquement selon le point de vue… Plus loin nous voyons ce qui nous attend pour notre dernier effort : de larges lacets dans la caillasse noire sous le Pas au Taureau. Nous suivons les Ours de tête mais bientôt celui de queue, plus vigilant, nous interpelle : on s’est trompé, le passage cablé raide dans un couloir étroit est à notre gauche! Demi-tour fait pour beaucoup nous venons tant bien que mal à bout de cette ascension délicate. Là-haut, des vautours saluent notre arrivée en tournoyant juste au-dessus de nos têtes…
En contrebas, un promontoire herbeux nous accueille pour notre pique-nique amplement mérité ! Là encore, face à nous, un groupe de chamois ( ou bouquetins ?) fait la sieste sur un névé. Certains d’entre nous les imitent, mais dans l’herbe… Quelques petites grimpettes encore et nous entamons la longue descente à travers un magnifique chaos de lapiaz n’ayant rien à envier à ceux de notre Vercors.

Puis, sur un sentier plus confortable, nous lorgnerons longtemps sur le refuge du Folly (et les boissons fraîches qui nous y attendent) , mais il se laissera désirer et nous l’apercevrons qu’au dernier moment…
Chaud à l’arrivée. Vent presque nul, tout le contraire de la rando du jour, magnifique et variée, même si difficile parfois… Bien vu Monique et Pierre ! Pascal
Jour 7 : Refuge du Folly (1555 m) – Cirque du Fer à Cheval (950m)
C’est peu couverts que nous quittons le refuge du Folly à 8h00 car ce matin il fait déjà 18°C.
Le sentier emprunté grimpe raide jusqu’au carrefour du lac des Chambres, les premiers 530 m de dénivelé sont avalés en un clin d’œil – ou presque ! Petite pause de récupération avant d’approcher du lac, triste surprise pour ceux qui le connaissent : juste une flaque et quelques névés.

Après un petit cafouillage pour rejoindre le sentier, nous nous regroupons pour continuer jusqu’au col des Chambres (2338 m) par une petite plaine minérale puis un long vallon caillouteux, nous traversons notre premier et seul névé. Commence alors une longue descente avec vue sur la vallée de la Vogealle et son lac.
Une difficulté se profile : la descente du Pas de l’Ours, ouille, ouille ! du dessus il est difficile de distinguer le passage, un randonneur plus bas nous indique la sente dans l’abrupte pente de marnes noires. Je rêve d’un hélicoptère providentiel ! Mais il faut se lancer, tous les Ours.es, les bien nommés, passent ce pas délicat sans souci.
Longue descente jusqu’au refuge de la Vogealle agrémentée par la présence d’étagnes et de leurs petits. C’est sur les tables du refuge que nous nous installons pour un pique-nique confortable – avec cafés pour certains – avant de repartir courageusement car une nouvelle descente de 1000 m nous attend, ce n’est pas rien ! D’abord par un sentier raide et caillouteux puis en forêt. Mauvaise surprise le sentier remonte parfois un peu et nos jambes commencent à se plaindre.
Enfin le cirque du Bout du Monde se dévoile : un demi-cercle de falaises calcaires hautes de plusieurs centaines de mètres d’où dégringolent de nombreuses cascades qui donnent naissance au Giffre, c’est spectaculaire.
Il nous reste encore quelques kilomètres en fond de vallée pour rejoindre le parking où nous attendent les voitures. Courte hésitation : quel chemin suivre ? Rive droite ou rive gauche ?
Nous optons pour la gauche en empruntant une passerelle branlante mais solide où seules trois personnes peuvent s’engager. Quelques gouttes de pluie incitent certains à sortir les capes de pluie, juste pour les mouiller.
Nous retrouvons enfin les voitures, heureux mais fatigués après cette longue randonnée de 17 km avec 1050 m de dénivelé positif et 1500 m de descente, qui marque la fin de ce beau parcours itinérant autour du Ruan. Michèle









